17.10.2007

A la femme que j'aime...

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       Ta crinière de lionne, brune et sauvage, ondule sous la brise marine venue du large. Tu marches devant moi, silencieuse dans ce cimetière tourné vers la plage d’Omaha. Le débarquement, les milliers de corps sur lesquels nous marchons, le cœur serré. Une Créole brille au soleil couchant et projette un éclat doré sur ton cou. L’univers m’appartient. Je goûte les minutes fragiles, n’osant bouger au-delà de mon pas qui te suit, ne prononçant pas les mots inutiles qui éclateraient notre bulle. Je sais qu’ils sont fugaces ces instants, ténus. Mais éternels pour qui sait les reconnaître et les garder avec soi. La feuille qui tombe, l’herbe que l’on froisse de nos pieds en font partie. Ils m’appartiennent totalement, inaltérables dans mon âme.

       Je sais, au moment où nous vivons ces minutes, que nous ne les revivrons pas avant longtemps. Je n’ose dire jamais plus, car je ne veux pas croire que la magie de notre histoire se soit dissoute dans l’air pour toujours.

       Pourquoi tous ces signes, autrement, ces êtres intangibles qui se jouent de nous et nous couvrent d’amour, nous poussent l’un vers l’autre depuis ce soir de juillet ?

       Mon Amour, elle est encore et toujours avec moi, cette main amie qui me montre le chemin. Même dans le pire des doutes, elle ouvre la voie, peu à peu. Moi, l’incroyant, le païen gouailleur, je prie pour qu’une même main t’accompagne également. Qu’elle se soit posée sur ton épaule, comme pour te dire : patience...

       Mon Amour, dans les jours gris, je me suis découvert chrysalide. Je dois accomplir ma transformation et briser la carapace sombre qui m’enserre encore. Bientôt, je reviendrai vers toi, être définitif et flamboyant pour te plaire à nouveau, et t’aimer.

       Mon Amour, j’écoute avec une joie mélancolique les chansons de Z... Elles me relient à toi, me tendent vers toi.

       Je t’aime. Je pense à toi. Constamment.

       Tu me manques...

 

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