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29.11.2007
La vie, la mort...
Etonnant de constater comment nous réagissons face à nos sentiments. Nous les subissons plus que nous les gérons. Une de mes tantes est décédée avant-hier. A cette nouvelle, je me suis senti très triste, avec une bouffée de nostalgie, des images de mon enfance, le son de sa voix, son rire qui lui faisait écarquiller les yeux comme des assiettes. J’aimais beaucoup ma tante. La distance et les années avaient fait que nous ne nous voyions plus très souvent. Mais c’était toujours avec plaisir que nous nous retrouvions. Même si nous n’avions à nous dire que des banalités. On s’aimait bien. Curieusement, je n’ai pas versé une larme. Juste de la tristesse, vite balayée par le quotidien.
Ce matin, mon chat est mort. Il était vieux, malade et en sursis depuis des années, chiant au possible, infecte quelquefois. Combien de fois je me suis dit qu’il vaudrait mieux le piquer tellement il devenait infernal à nous faire les pires des conneries ? Quand ce fut fini, je me suis retrouvé comme une vraie fontaine, ne pouvant arrêter de pleurer sur la fourrure grise et déjà ternie par la mort.
Avons-nous - ai-je - donc le cœur si sec que je ne puisse verser une larme sur le sort de ma tante, rester stoïque face à son décès, n’avoir que des souvenirs qui me ramène à moi, et non à elle ? A côté de ça, je pleure sur mon chat, cette saloperie adorable, ce vicieux calinou à qui j’aurais volontiers tordu le cou à certains moments.
Je ne sais plus dans quelle histoire antique, un roi grec, à qui on apprend la mort de son fils, demeure impassible, sans émotion, sans larmes, sans chagrin apparent. Et le même, à qui on apprend peu après la mort d’un de ses esclaves, se répand en sanglots sur le sol et en cris de désespoir à cette nouvelle.
Mes réactions me gênent. Elles ne sont pas morales, pour peu que la morale m’intéresse en général. Je pleure la disparition de mon vieux greffier, et la mort d’un membre de ma famille ne m’attriste pas plus que ça. Je pense à mes cousins, à mon oncle, je suis triste pour eux, je ressens leur peine, mais je n’ai de chagrin que pour cette miture même pas capable d’attraper une souris.
Je serai toujours étonné de nos réactions face à nos sentiments…
13:35 Publié dans Humeur du Jour : Bonjour ! | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : ecriture
Commentaires
Arff j'avoue ne pas avoir de pistes de réponses à tes interrogations.
Mon chat est mort début octobre et j'en suis encore retourné tellement je l'adorais.
Ecrit par : Legweak | 29.11.2007
C'était vraiment un vieux machin à peine aimable, ou alors avec des gros calins comme ça, sans raison, une vague de tendresse qu'on sentait déborder de partout. Je crois que quand un animal meurt, c'est un peu de nous qui meurt avec lui, tellement on lui a donné d'amour et de caresses.
Ecrit par : Jean-Michel | 29.11.2007
je pense que tout simplement tu étais trés complice avec ton chat. que veux tu? ton va va te manquer. la disparition de ta tante t'attriste mais au final j'imagine qu'elle n'était plus toute jeune. tu dis que tu ne la voyais peu et que vous n'échangiez que des banalités. voilà la réponse.
il n'y a pas à culpabiliser pour ça...
c'est vrai que moi aussi je suis trés proche de mes 3 grasses.
je t'embrasse .
Ecrit par : nie | 10.12.2007
Ne croyez vous pas que le chat faisait tampon sur votre vie de tous les jours ? Le mien c'est ça.On y tient même si..
Ecrit par : Fanette | 28.12.2007
> bonjour Nie, je t'embrasse très fort et te souhaite de bonnes fêtes pour la fin de l'année.
> Et oui Fanette, les animaux familiers font tampon, l'expression est belle et juste. Mes chats m'entourent et me manquent quand ils ne sont pas là. Euh, bien le blog Pallas Athénée. Beaucoup d'actu et d'humour comme j'aime :) Biz
Jean-Michel
Ecrit par : Jean-Michel | 31.12.2007












